Stérile en actions et fécond en douleurs,
Le rêve pour le rêve a fait couler des pleurs,
Plus que n'en rouleraient les ruisseaux et les fleuves !
Trompeur enchantement fatal aux âmes neuves,
Qui leur permet d'atteindre à la haute Beauté,
pour les vouer ensuite à la réalité !
Et du mont merveilleux dont resplendit la cime
A la profondeur morne te froide de l'abîme,
La distance est si grande et l'air si différente,
L'espace si borné d'un ciel indifférent,
La lumière si triste et crue et sépulcrale,
Qu'à peine descendu, l'on étouffe et l'on râle !
Albert Lozeau, L'âme solitaire. 1925.
pix : Andy Julia
Le rêve pour le rêve a fait couler des pleurs,
Plus que n'en rouleraient les ruisseaux et les fleuves !
Trompeur enchantement fatal aux âmes neuves,
Qui leur permet d'atteindre à la haute Beauté,
pour les vouer ensuite à la réalité !
Et du mont merveilleux dont resplendit la cime
A la profondeur morne te froide de l'abîme,
La distance est si grande et l'air si différente,
L'espace si borné d'un ciel indifférent,
La lumière si triste et crue et sépulcrale,
Qu'à peine descendu, l'on étouffe et l'on râle !
Albert Lozeau, L'âme solitaire. 1925.
pix : Andy Julia
